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Les intervenants sur l'avenir de la Fonction Publique

Bernard Derosier
Député, président du Conseil Général du Nord
et président du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale

« Merci à Jean-Marie Alexandre de m'avoir permis de m'exprimer dans ce colloque. Le CSFPT est un lieu d'échange entre les représentants des salariés et des employeurs, entre les fonctionnaires territoriaux et les élus.

Bernard Derosier, Député, président du Conseil Général du Nord, lors du colloque organisé par le Crédit Social des FonctionnairesActuellement les fonctionnaires expriment massivement leurs inquiétudes face à une politique qui se met en place, politique qui se résume à un objectif : une fonction publique moins nombreuse (…).

Or, l'avenir de la Fonction publique constitue un enjeu de premier plan : le service public est en pleine mutation, et il faut donc anticiper. J'observe que la Fonction publique n'est pas véritablement reconnue par nos gouvernants. Il n'est pas tenu compte ni des demandes des personnels, ni des besoins de la population.

La diminution du pouvoir d'achat est indéniable. Malgré cela, les attentes des fonctionnaires sont ignorées. L'importance de la rémunération des fonctionnaires a pourtant des conséquences sur la qualité du service public (…).

Je regrette la décision prise brutalement de supprimer des postes sans avoir mené une réflexion d'ensemble sur la pertinence du périmètre de l'action de l'Etat. (…) En réponse à Jacques Marseille qui regrettait que ces mesures prises ne concernaient que la FPE, je dirai non car dans les propos récents de M. le Ministre Woerth chargé des comptes publics et de la Fonction publique, on distingue bien la volonté d'utiliser les dotations que l'Etat verse aux collectivités territoriales comme moyens de pression pour les amener à réduire leurs effectifs.

Il faut partir d'une idée simple : le service public a un coût. Mais la question qui se pose est : si tout était privatisé, est-ce que cela aurait un coût moindre ? Aucun économiste ne peut l'assurer ! Et, par ailleurs, je ne suis pas sûr qu'il y aurait des mécènes pour financer des services de solidarité comme la Protection maternelle et infantile qui relève des Départements.

Les mesures annoncées visant à restreindre l'application du statut de la Fonction publique me paraissent dangereuses pour l'égalité d'accès à la FP et la neutralité des fonctionnaires qui sont des principes républicains. La défense du statut n'interdit pas les évolutions.

L'accomplissement des tâches d'intérêt général pour le compte des collectivités publiques n'est pas une activité professionnelle comme les autres : elle justifie l'existence d'un régime spécifique. Pour réussir l'évolution, il faut un service public de qualité avec des personnels stables. Rien n'interdit d'apporter des améliorations en matière de recrutement et de carrières dans le cadre du statut qui sépare le grade et l'emploi. Il faut réformer la FP autour des fondamentaux, en associant les fonctionnaires à cet effort.

L'essentiel est dans ces deux questions : quels services publics la nation veut-elle aujourd'hui ? Quels moyens doivent y être consacrés ? Je souhaite donc une concertation très large sans que soient fixés à l'avance les résultats qui doivent être atteints. (…).

Il faut que l'Etat intègre parfaitement la dimension de la décentralisation et tienne compte que toutes les affaires sociales sont désormais renvoyées aux Départements. Les services publics de proximité rendus par les collectivités locales sont un « plus » pour nos concitoyens. Le renouveau du service public doit traduire une véritable ambition face aux enjeux sociaux du XXIème siècle… »

Pour en savoir plus, retrouvez tous les sites dédiés au Crédit Social des Fonctionnaires et toutes les activités du groupe CSF